Interview Doctor Flake – Flake Up

Nous en avions déjà parlé sur Noisepresso! A l’occasion de la sortie de son nouvel album Doctor Flake nous présente lui même « Flake Up », son 4 ème album studio. Afin de mieux comprendre ce qui se cache sous la blouse du bon Doctor Flake!

Article du 3 mai 

Doctor Flake – Swell line

 

• Pour nos internautes qui ne te connaissent pas encore, Quel est ton parcours musical? Le projet Doctor Flake débute en 2003, qu’y a t-il avant?

J’ai commencé à jouer en public en tant que DJ en 1996 sous le pseudonyme d’ Astero h . Je jouais du break Beat , de la Drum & Bass et des beats plus chilwave. J’ai commencé à produire ma musique en 2002. C’est un parcours qui s’est construit sur l’écoute et sur l’apprentissage d’un instrument, le sampler.

Tu te présentes comme chirurSicien, peux tu nous expliquer?

ChirurSicien, en référence à mon pseudonyme, le croisement entre un chirurgien et un musicien. Je prélève , je découpe , je recouds , je superpose, j’arrange des événements audios. C’est une blague à la base qui finalement s’avère assez représentative de ma façon d’opérer.

Peux tu nous présenter ce quatrième album?

Ce nouvel album s’appelle FLAKE UP et s’est réalisé ces 2 dernières années. Il s’inscrit dans la continuité de Minder surprises avec deux nouveaux invités vocaux pour un total de cinq invités ( Nawelle Saidi, Vale Poher , Black Sifichi, Miscellaneous, Dj Pee).

L’orientation de ces deux derniers albums diffère des deux premiers opus. Comment expliques tu l’évolution de ce mode opératoire?
Le fond de mes quatre albums s’apparente au mouvement abstract hip hop. La forme oscille entre abstract hip hop , hip hop ou trip hop. L’évolution s’est faite par des rencontres et des envies. J’ai toujours voulu travailler avec des chanteuses, au début je les samplais et ensuite j’ai travaillé avec Vale Poher et plus récemment Nawelle Saidi et bientôt d’autres. Dès mon premier album j’aurais voulu intégrer un  MC sur des titres comme Abstraction ou Hot stuff mais je ne connaissais personne. En 2007 j’ai entendu Miscellaneous sur un titre de Fumuj et l’ai contacté. Mes deux premiers albums ont posé les bases de ce qui s’est passé ensuite.

La rencontre avec Vale Poher et Miscellaneous aura finalement eu l’effet d’un big bang sur ta musique. Comment l’expliques tu? L’aboutissement d’un processus de sociabilisation?

Précisément , très bonne analyse. La larve s’est mise à papillonner… On peut ajouter à cela une prise de confiance en ma musique qui m’a permis de m’ouvrir à d’autres musiciens, artistes.

Est-ce un pari difficile d’allier trip hop et voix sans perdre une certaine froideur propre à ton univers?

Je ne pense pas. Des titres comme Loveless, Fightclubbing, Silver ou Hollow people sont vocalement aériens mais restent froids. De même pour Aorta ou Let us play with your brain . La voix est une illusion de réchauffement, le propos fait la froideur.

Dj Krush a repris deux titres de ton album « Paradis Dirtyficiels ». Le fait d’être repris par Krush signifie t-il qu’on a bien fait son travail?

C’est plutôt gratifiant oui. Dj Krush est une figure emblématique de l’abstract hip hop avec Dj Shadow. Quand je l’entends me rejouer, je suis toujours bluffé par sa capacité à s’approprier les morceaux des autres. Il a un style identifiable et c’est ce qui fait une entité artistique.

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Comment vois tu ton avenir, ou même celui des nouveaux qui se lancent aujourd’hui? Facilité par les prouesses d’internet ou englouti par l’industrie musicale?

Vaste question … difficile même…Nouveaux, un peu moins nouveaux ou carrément anciens , je crois qu’il faut de la chance pour tenir et celle ci se provoque conjointement avec un développement de réseau et plus ou moins de temps. Comme pas mal de projets indépendants depuis 2000, mon avenir a toujours été en grosse partie et sera toujours lié à internet. C’est ce qui a fait vivre le projet au delà des frontières de la simple distribution classique. Probablement que ce projet dans les années 90 n’aurait pas eu la vie qu’il a eu une décennie plus tard. L’industrie musicale n’a plus le contrôle qu’elle a pu avoir même si en ligne elle a souvent le monopole de la visibilité. Alors on est à la fois aidé par le web et englouti par l’industrie musicale, il faut arriver à jongler et faire sa place dans tout ça…

En parlant des années 90! Si tu devais citer un artiste hip hop de la décennie 90, lequel serait il?

Ce serait les Beastie Boys !

• Avec quels logiciels travailles tu? Toi aussi tu as ta bible Cubase? Et sur scène?

J’utilise Cubase, soundforge, recycle en studio et Live sur scène.

Garorock en avril 2010 a été particulièrement un bon souvenir pour toi. Quels sont tes meilleurs moments scéniques?

Il y en a plusieurs , toutes les dates à l’ouest sont généralement mémorables (Astropolis en 2010, le Son’art à Bordeaux en 2007, c’était ma 1ère date hors 1ère partie, La péniche à Lille en novembre 2010, ma 1ère date sold out).

Pour 2012, tu as annoncé via twitter une version longue de SILVER, d’autres projets à venir dont tu pourrais nous parler?

Oui , j’ai été mis en relation avec Christine Ott, qui m’a enregistré un arrangement aux ondes Martenot pour SILVER. Ce sera une version plus longue accompagnée d’un remix qui sortira début du printemps 2012. Ce sera aussi la première apparition de « A LAST DANCE WITH LEON » au cinéma dans le premier long métrage de Géraldine Maillet , « TU DANSES ?  »

Pas de date prévue à Toulouse pour tes prochains live?
J’ai joué à la dynamo en novembre dernier, j’espère revenir sur Toulouse en 2012!

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Audrey

Redactrice de la Freak Out.

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